mercredi 31 octobre 2012

suite de notre livre de bord fluvial...

Nous voici donc rentrés sur Kallima, à Trinidad, en abandonnant lâchement Doudou, Dom et Kéa à leur sort... en l'occurrence l'arrivée de l'ouragan Sandy sur New-York... C'est juré on ne l'a pas fait exprès... mais c'est vrai que ça fait très rats qui quittent le navire... Aux dernières nouvelles, ce matin par SMS, ils ont passé la nuit à l'hôtel et Kéa au mouillage. Et au matin, tout était OK. Ouf, mais ils doivent avoir du boulot de rangement à bord!!
La suite du journal de bord. Malheureusement le produit fini, réalisé dans l'Ipad, avec texte et photos, ne s'affiche pas tel quel dans le blog. Obligée donc de remettre les photos les unes après les autres... un peu fastidieux, mais que ne ferait-on pas pour faire plaisir aux (nombreux??..!) lecteurs!
Pour simplifier je reprends les photos de l'Ipad, en attendant d'avoir fait un beau diaporama...après les leçons prises sur Kéa.


Dimanche 7 octobre

Réveil fraîcheur...4° dehors, 10° dans le bateau! Mais il fait un temps superbe! Nous avons beaucoup de chance. Le vent est complètement tombé. On part après le petit déjeuner et.. .aucune alarme de mouillage ne sonne... Soit on n'a rien compris soit il y a comme un défaut quelque part... Nous continuons notre progression au milieu des îles. Toutes différentes et de toutes tailles. Si l'on en croit le Guide du Routard, pour faire une île il faut un arbre et 8 pieds carrés !


Nous revenons vers le Canada. Étonnamment les arbres sont plus verts sur ce côté du St. Laurent. L'automne n'est pas encore arrivé!








Vers 11h nous nous amarrons à Gananoque, charmante petite bourgade de l'Ontario d'où partent les bateaux de croisière sur les Mille Îles. Nous sommes tolérés sur leur quai à condition que quelqu'un reste à bord. Dom va téléphoner aux douanes pour leur signaler que Kéa quitte le Canada (en fait ils s'en fichent...) et le reste de l'équipage part en quête d'un supermarché pour faire un petit plein de frais et écouler nos derniers dollars canadiens.
C'est le week-end de Thanksgiving, tout au moins au Canada, et les maisons sont  décorées de citrouilles et autres chrysanthèmes.


Courses rapides chez Métro puis à la pharmacie pour Serge, dont l'organisme tropicalisé, a mal réagi au froid! Retour au bateau, déjeuner puis appareillage pour Clayton sur la rive US.

Changement de programme en route au vu de la météo prévue sur le lac Ontario deux jours plus tard : 15 nœuds sur le pif... Du coup on pousse jusqu'à Cap Vincent, au bout du St. Laurent. De là nous aurons 42 milles pour rejoindre Oswego, sur la rive Est du lac. C'est de là que nous embouquerons les canaux de l'Etat de New York, jusqu'à New York.
Au mouillage devant Cap Vincent à 17h15.  29 milles dans la journée.

Lundi 8 octobre

Pluie cette nuit mais grand ciel bleu quand nous partons, à 7h! Une brume légère s'élève au dessus de l'eau, le long du littoral.

Il fait 4° dehors, 10 dedans. Dom décide de mettre le chauffage pour le réveil en douceur de l'équipage ... La température monte rapidement, dedans mais aussi dehors grâce au soleil. Et toujours ce sentiment d'être seuls au monde.


La grand voile est en l'air, malheureusement le vent est toujours aux abonnés absents.
Vers 10h un souffle d'air nous fait croire qu'on va pouvoir tenir le Gennaker...mais cela ne dure pas. On marche à 4,5 nœuds au moteur.

Finalement on peut renvoyer de la toile vers 14h. On marche bien, mais à 40° de la route directe... Le vent monte sous le passage d'un gros nuage noir, puis refuse et mollit...tellement qu'on remet le moteur vers 14h30.














À  l'approche de Oswego on affale les voiles et même on les enlève de leurs postes : solent et  gennaker s'engouffrent dans la soute avant. La grand voile est enroulée et déposée sur la coque.... On se prépare au démâtage.
 Mouillage dans l'avant port de Oswego vers19h30, de nuit  donc. Nouveaux essais d'alarme mouillage... 44 milles parcourus aujourd'hui. Record battu!
Au menu ce soir : courge spaghetti sauce bolognaise.

 Mardi 9 octobre

Pas de mauvaise surprise au réveil...nous sommes bien dans l'avant port d'Oswego! Avant même de lever l'ancre, Dom et Serge enlèvent la baume du mât et la posent sur le pont, à côté de la GV enroulée. Puis nous nous nous dirigeons vers Wrights Landing Marina, à droite de l'entrée du port. Des gens sur le quai nous indiquent que la grue pour démâter se trouve à Oswego Marina, un peu plus loin à gauche dans le canal. Effectivement nous voyons un petit mat de charge bleu à l'entrée. Nous nous approchons mais une femme sort du bureau pour nous dire qu'elle ne sait pas du tout si nous pourrons être démâtes aujourd'hui et qu'il faut qu'elle voit le planning avec son boss. En attendant nous allons nous amarrer sur le quai, devant un hôtel. Quelques minutes plus tard, elle nous appelle pour nous dire que l'on pourra passer à 13h.
Dom a finalisé la préparation du démâtage : débranchement de tous les câbles, décrochage des haubans qui seront remplacés par les bastaques et une drisse à l'avant, récupération de supports en bois à la marina pour poser le mât sur le pont...
Avec Serge, nous partons explorer les lieux à la recherche d'une banque pour changer nos dollars canadiens et retirer des US. Une mission bien plus compliquée qu'il n'y parait ... Aucune banque de cette ville pourtant quasiment frontalière ne change d'argent .... Au retour, Kéa est déjà sous le mât de charge, mais le boss se gratte la tête en voyant le bateau et surtout la taille et la forme de son mât... Il s'inquiète de son poids (qu'on ne connaît pas) et de la capacité de ses installations à le soulever... Finalement il préfère ne pas prendre de risques et nous propose de faire appel à une grue extérieure. Ça nous coûtera plus cher (140$ de l'heure pour deux heures minimum au lieu de 3$ par pied avec la petite grue de la marina) mais a priori sans risque...Nous n'avons pas trop de choix...
Rendez- vous est pris pour le lendemain matin 7h afin d'être fin prêts lorsque la grue arrivera.
L'après midi on en profite pour aller faire quelques courses et se balader le long du canal. La recherche d'un restaurant s'étant révélée infructueuse on fera steak au poivre-frites à bord! Pas sur qu'on ait perdu au change!.


Mercredi 10 octobre

C'est le jour J. Lever 6h30 pour tout l'équipage pour être à poste, sous le mat de charge, à 7h. Même pas le temps de finir le petit déjeuner que l'homme à la grue est devant nous!
Commence alors une opération plus compliquée qu'on ne le pensait.
Ici ils n'ont pas l'habitude de ces mâts de catamaran avec les barres de flèches en triangle ( les guignols). En outre nous avons évidemment un enrouleur, un radar, des bastaques... De quoi alourdir l'ensemble et ne pas simplifier les choses.. L'homme de la marina monte au niveau de la première barre de flèche pour fixer une autre cravate sur celle qu'avait mise Dom, puis la grue s'en saisit... On lâche les bastaques, puis la drisse...le mat se soulève . Il est encore bloqué par les câbles qui ont du mal à se libérer. Dom les tire un par un et c'est bon.

Problème, on voudrait poser le mât avec le radar au dessus, ce qui implique de le tourner sur lui même, en l'air... Compliqué avec un seul point de tire... La grue de la marina est donc mise en service en soutien, mais on n'arrivera pas à faire plus d'un quart de tour. Il faudra donc détendre les filières tribord pour que le radar puisse passer sur le côté. 
A l'arrière, c'est l'antenne BLU qu'il faut démonter. En descendant le mât à l'horizontal est passé du mauvais côté!




Cette fois ça y est, le pied du mat est posé sur le support avant. Les choses se gâtent à l'arrière ... Le support prévu sur la première marche de la jupe est trop bas. Il faut le remonter sur la coque en le fixant solidement. Et enfin, le mat est en place. 

Juste avant que le vent ne se renforce. Il aura fallu exactement 2h de manipulation avec 4 hommes et la femme de la marina. En rajoutant le temps de transport de la marina, nous paierons finalement 332,64$.
Dom et Serge finalisent la fixation du mat qui dépasse d'environ 2,50 mètres devant et 4 mètres derrière ! Et nous voilà partis!


Devant nous le canal Oswego et sa première écluse. Nous appelons le lockmaster sur le 13 qui nous dit de commencer à avancer et à 10h30 nous sommes dans le sas, non sans être passé sous un premier pont qui manque arracher l'antenne BLU que l'on avait remise à  poste...!



Les écluses 8,7 et 6 se passent en à peine une heure. Tout est très bien organisé. Des bouts plombés pendent de chaque côté de l'écluse. On s'en saisit...à bâbord car le côté tribord de Kéa est légèrement encombré ! On s'attache en reprenant régulièrement au fur et à mesure de la montée de l'eau. Nous évitons ainsi une série de petits rapides.
3,3 milles plus loin, nous arrivons à l'écluse n°5, de Minetto, qui se passe toujours aussi rapidement. Le temps de déjeuner et nous arrivons aux numéros 3 et 2 de Fulton. Cette fois il faut mettre nos amarres sur un câble fixe avec un poids flottant qui remonte avec l'eau. Avantage : même pas besoin de régler les amarres pendant l'éclusage. Inconvénient : on récupère plein de vase sur les bouts!
Le vent se sent moins sur le canal qu'à Oswego, mais il est bien frais. La pluie commence à tomber . Mais la balade sur le canal est superbe, au milieu des arbres rouges, jaunes, oranges.... Les rives sont beaucoup plus resserrées que sur le St. Laurent, donc l'impression est très différente.
Peu avant 17h, heure de fermeture des écluses à cette époque de l'année, nous passons le lock 1, dernière écluse du canal Oswego. Pour la première fois nous ne sommes pas seuls. Une vedette écluse avec nous. Puis les deux bateaux vont s'amarrer au quai qui suit pour la nuit. 


Nous sommes à Phoenix, petite bourgade très calmes de l'état de New-York... Il fait à nouveau un temps splendide et la lumière du soir est très belle.
Ballade culturalo-dégourdissante avant le dîner. Nous sommes bien dans l'Amérique profonde...juste à la période de Halloween... Les maisons sont décorées qui de citrouilles, qui de squelettes...ou de chrysanthèmes...
 Un petit coup de wifi chopé devant le "Street café" du lock...et dîner d'une nouvelle soupe testée sur le bord : citrouille ( évidemment...), carottes, pommes, oignons, curry et lait de coco. Un régal!


 Jeudi 11 octobre

Réveil un peu plus tardif que d'habitude. Il a plu dans la nuit mais c'est déjà fini. 4° dehors.
Et nous reprenons notre route, au fil de l'eau. Soleil et nuages noirs se partagent le ciel. Les couleurs sont superbes.

Arrivés à Three Rivers on rejoint le canal Erié qui vient du lac Erié et de Niagara. Les rives sont tantôt sauvages tantôt habitées, et toujours avec embarcadères privés et bateaux, à moteurs, de toutes les formes et de tous les genres. Écluse 23, nous prenons maintenant le compte de notre nouveau canal.
Arrivée en fin de matinée au lac Oneida. Une vingtaine de milles à parcourir avec un bon vent portant...mais sans voile! Trop bête! On regrette de ne pas avoir de kite...
Au bout du lac, Sylvan Beach qui doit être très touristique l'été, et on embouque à nouveau le canal Erié.



À 16h25 arrivée à  l'écluse 22. Tout se passe toujours en douceur et très vite. Tout est déjà prêt quand on s'annonce à la VHF. On entre, le temps de s'amarrer les portes sont déjà fermées . En tout on met moins de 10 minutes pour monter de 26 pieds. On enchaîne dans la foulée l'écluse 21, juste avant les 17h fatidique... Et on s'amarre sur le quai, juste à la sortie, au milieu de nulle part! Nuit calme en perspective... On part marcher sur la piste cyclable qui longe le canal. Le soleil et la superbe lumière de fin de journée sont toujours au rendez vous. Nous avons passé notre dernière écluse montante. Altitude maximale :420 pieds! Demain nous amorçons notre descente vers la rivière Hudson avec un total de 20 écluses descendantes.

Le soir, dégustation de rhum.... Petite soirée ordinaire sur Kéa!


 Vendredi 12 octobre

37 milles dans la journée.  Notre Outremer 45 a battu son record...fluvial!! Pluie ce matin, puis beau temps frais. Canal un peu monotone. Tout droit et les arbres perdent déjà leurs feuilles! On a passé Rome aujourd'hui, demain ce sera Amsterdam!
Nuit à Little Falls. On annonce du gel pour cette nuit...










Samedi 13 octobre

Effectivement. 3° ce matin dans le bateau, -4° dehors! Et soleil...

Seau d'eau gelé!.





On ne se lasse pas de ces images inhabituelles...qu'on espère bien ne pas voir trop souvent...!! 


Les écluses s'enchaînent.
17, 16,15, 14 et enfin la 13 à 15h45. Pas le temps de rejoindre l'écluse n°12.
28 milles au total. Il faut dire que nous n'avons pas démarré avant 9h15...congélation oblige!.

jeudi 11 octobre 2012

Livre de bord sur des eaux plus froides...

Tentative d'affichage normal de notre petit livre de bord fluvial... que l'on pourrait désormais intituler....
"Flânerie automnale le long des waterways pour mieux se jeter dans la gueule de.... Sandy!"

DE MONTRÉAL À NEW YORK


 Mardi 2 octobre
Départ depuis notre mouillage devant le cercle nautique de Longueuil, à Montréal , à  11h. Temps doux, soleil et nuage.
Arrivée à la première écluse St. Lambert vers 11h50. On s'amarre au ponton des plaisanciers à bâbord . Et à peine avons nous le temps de nous signaler au téléphone dans la cabine dédiée que on nous prévient par haut parleur que nous pouvons passer. Nous embouquons l'écluse entre deux hauts murs, avec tout au bout deux hommes prêts à nous lancer des amarres. On reprend du mou au fur et à mesure que l'écluse se remplit. On monte, en douceur, de 16 pieds! En haut, un bonjour aux deux lamaneurs, on donne le ticket qui prouve qu'on a payé au moment du coup de téléphone et on largue les amarres. Notre première écluse est passée. Coût : 25$.
Nous continuons sur le canal de la rive sud qui longe la rive en contournant le bassin de La  Prairie et évite les rapides de Lachine jusqu'à la 2 eme écluse, l'écluse Ste  Catherine. En route on croise un cargo et dans l'écluse un autre cargo est en train d'écluser. Il prend toute la place! Une fois encore on attend au quai des plaisanciers, on appelle au téléphone et on passe dès que le cargo est sorti...au chausse pied! D'ailleurs ils sont tous râpés sur les côtés! Cette fois on monte de 36 pieds. L'éclusage se fait en moins de 10 minutes. Devant nous, une quinzaine de milles jusqu'aux deux prochaines écluses.
On passe à travers le lac Saint Louis. Les arbres rouges et jaunes égayent le paysage.


On  poursuit vers l'ouest, face au soleil couchant.


19h34. Nous sommes au mouillage. Arrivée de nuit devant Melocheville, à quelques encablures des écluses de Beauharnois. Total 28 milles.


Mercredi 3 octobre

Départ à 7h pour tenter de passer rapidement les deux écluses et bien avancer dans la journée.

 Lever d'un superbe soleil rouge 
puis arrivée d'un brouillard inquiétant ...
Mais qui se dissipe très vite!










Nous attendrons finalement 3 h et le passage de 3 cargos, montant et descendant. Nous embouquons la 1ère écluse à 11h. 

On monte de 42 pieds. Arrivée en haut on reste amarrés une quinzaine de minutes pour attendre qu'un 4eme cargo achève d'écluser en descendant devant nous. Puis nouvelle montée de 42 pieds avant de nous retrouver dans le canal, très large du Beauharnois.







 Le temps ne cesse de s'améliorer. On avance à 5 noeuds sous gennaker, au grand largue. Déjeuner dehors...au soleil!  Il fait plus de 20°! On a toujours un courant de 1 à 2 noeuds de courant contre.  En fin d'après midi, on envoie le solent et on avance à 5 nœuds avec les 2 voiles en papillon. Kea glisse sur le lac. Superbe!


Mouillage à 8h du soir...au milieu de nulle part... il fait très noir... Cameron Island, Indian réserve.  On aura fait 34 milles dans la journée dont 80% à la voile.

Jeudi 4 octobre

Départ toujours à 7h précises. Le temps est gris et brumeux...l'eau lisse comme un miroir...


Grâce à l'AIS nous voyons un cargo derrière nous et un autre devant. Sachant que le premier est à 5 milles, marche à 9 nœuds...que le second est aussi à 5 milles, marche à 9 nœuds...et que nous avançons à 3 nœuds... À quelle heure serons nous transformés en sandwich? Les calculs vont bon train...  Nous croiserons le premier cargo, toujours dans le brouillard, à 8h15. Le brouillard se lève doucement....les rives s'illuminent...rouges, jaunes, verts...c'est la symphonie de l'automne. Nous zigzaguons entre des îles de toutes tailles.
Nous passons sous un pont et arrivons aux deux écluses américaines : Snell et Dwight D. Eisenhower. Comme d'habitude nous nous amarrons au quai d'attente des plaisanciers et  téléphonons. Un cargo est devant nous dans l'écluse. Nous allons passer juste après lui, soit dans 15 minutes, m'annonce le lockmaster. Nous descendons tous du bord pour prendre des photos et voyons rapidement arriver quelqu'un en voiture qui vient nous confirmer que nous allons passer....ils ont eu peur, en nous voyant si cool, qu'on ne soit pas prêts à temps alors qu'un autre cargo arrive derrière. Ils ne connaissent pas notre capitaine...

En deux temps trois mouvements nous sommes désamarrés et prêts à entrer dans l'écluse dès que le feu passera au vert !




Cette fois nous expérimentons un nouveau système. Ici les éclusiers ne nous lancent pas d'amarres, mais après nous avoir demandé notre longueur, nous disent d'aller nous amarrer aux bittes 2 et 3. Il s'agit de bittes d'amarrage qui remontent en même temps que l'eau le long des murs de l'écluse. Très efficace. En 15 minutes nous avons effectué toute l'opération. Pour monter de 46 pieds.
Nous débouchons dans un canal très large, la deuxième écluse à 4 milles devant. On s'arrête le long du quai des cargos, au milieu d'un troupeau d'oies ( ou de canards...), le temps que le cargo qui nous précède fasse son éclusage. Il met un temps infini pour se caler dans l'écluse....en raclant de tous les côtés ! Nous avons tout juste le temps de manger nos lasagnes...
Petit appel VHF au lock Master et c'est à notre tour! Même système que l'écluse précédente et nous sommes délestés de 60$. Bienvenue aux Etats-Unis!



Nous poursuivons notre route au milieu de la nature rougeoyante. Partout des maisons au. bord de l'eau, avec très souvent leurs propres embarcadères.
Il fait de plus en plus beau.



Nous sommes rattrapés dans l'après midi par le cargo qui était derrière nous.






Ciel pommelé...

....puis plus un nuage jusqu'au mouillage de la soirée. On jette l'ancre alors qu'il fait encore jour, pour une fois, derrière Ogden Island. 33 milles dans la journée. On se traîne.... La faute au courant...




Vendredi 5 octobre

Départ à 7h, dès le lever du jour donc, immuablement. Il fait très beau. Lever de soleil bien rouge... 


Nous poursuivons en direction de notre 7eme et dernière écluse sur le Saint-Laurent. Cette fois nous battons nos records de vitesse. Le feu passe au vert à notre arrivée. Même pas besoin de s'amarrer et de signaler notre présence! L'écluse est d'autant plus rapide qu'il ne s'agit pas ici de changer de niveau mais simplement d'éviter un barrage. Donc on entre, les portes se ferment derrière nous, on s'attache avec les amarres de l'éclusier ( on est revenu au Canada...) et hop! Les portes de devant s'ouvrent ... Et nous voilà dehors!

On paye....

        

 Et on s'en va!



Ensuite...et bien ensuite les choses se gâtent ....! Nous nous trainons à 2 nœuds ou moins face au courant et surtout au vent qui s'est levé...juste sur le pif! 20 à 25 nœuds contre nous...ça n'aide pas...
Séquence émotion juste avant le pont de la ville de Johnstown. Nous avons un lacquier  devant (autrement dit un vraquier de lac...) et un vraquier océanique derrière ... On va éviter le calcul rituel mais disons que cette fois le risque est d'être pris en sandwich ...juste entre les piliers du pont! Le capitaine a beau nous assurer que les deux cargos vont se croiser avant même que nous soyons arrivés au pont, nous surveillons attentivement ce qui se passe. Soudain un appel à la VHF " sailing vessel Kea". Puis plus rien... Ils sont un peu inquiets eux aussi...malgré les AIS et autres radars... Nous changeons un peu de route pour leur montrer que nous surveillons bien ce qui se passe... Et ce que le capitaine avait prévu arrive.... Les cargos se croisent presque à notre hauteur mais avant le passage du pont! Comme l'avait dit le capitaine... Équipage de peu de foi nous sommes...!

 Le temps est gris et frais...vent oblige. Nous naviguons entre les USA à babord (la rive droite donc...) et l'Ontario à tribord (rive gauche!). Les maisons se succèdent des deux côtés. Vue imprenable sur le fleuve! Partout des gazons impeccables et des pontons sur l'eau..

 Vers 16h nous arrivons à la hauteur de Brockville, notre première ville sur le fleuve depuis Montréal. Nous la dépassons et tentons de mouiller un peu plus à l'ouest, entre des petites îles et la côte mais le mouillage ne tient pas du tout. On remonte l'ensemble (depuis qu'il est dans le Saint Laurent, Kea a pris l'habitude de mouiller toujours deux ancres : la Fortress légère en avant et, attachée derrière, l'ancre principale) et surprise...on ramène une touffe énorme de grandes algues dans lesquelles sont prises des branches d'épinettes et de la vase. L'opération nettoyage prendra quelques temps...
On décide alors de poursuivre un demi mille plus loin jusqu'à McDonalds Bay... C'est un peu plus bucolique.... Mais pas de Wifi.... Publicité mensongère!!
 Le mouillage a l'air de tenir.. On ne tire pas trop en arrière pour ne pas forcer le destin...
Soirée calme avec présentation des diaporamas de Dom et Dom. On a 5 années de voyage à regarder... Les spectacles du soir sont tout trouvés !!

Samedi 6 octobre

Il a plu une grande partie de la nuit et on part, toujours à 7h, sous une pluie battante. Les deux hommes s'équipent pour faire manœuvre pendant que les filles préparent le petit déjeuner...au sec. Le temps s'est bien rafraîchi. Il fait 16° dans le carré.
 Arrivée à Heart Island qui marque en quelque sorte l'entrée des Mille Îles vers 11h. L'île est surtout connue pour son château, le château de Boldt, une énorme chose qui n'a jamais été finie et qui est maintenant une grosse attraction touristique.



Pour nous, l'intérêt c'est d'abord  l'entrée sur le territoire US, avec un poste de douane qui a paraît-il l'habitude des bateaux de plaisance. Nous nous amarrons au quai de la douane, avec peu d'eau sous la quille, avec un beau soleil qui commence à illuminer le paysage. On dirait vraiment que quelqu'un a allumé la lumière. Les maisons étincellent et les couleurs des arbres sont magnifiques!
Deux douaniers viennent à notre rencontre. Très gentils. Ils nous demandent si on préfère rester à bord ou descendre à terre pour faire les formalités. On descend à terre bien sur. Tout se passe d'une manière très cool. Ils sont éberlués de voir que Kea a traversé l'Atlantique ...! Et encore on ne leur raconte pas tout! Pas de contrôle des provisions fraîches, pas de contrôle des billets d'avion pour Serge et moi, pas de vérification de la caisse à eaux noires... Le temps de remplir la fiche ESTA, de prendre nos photos et nos empreintes digitales... Nous voici officiellement aux États-Unis!

Nous n'avons pas le droit de rester au ponton. Nous partons donc vers 12h30 pour aller ancrer à quelques encablures, très exactement entre Belle Island, Imperial Island et St. Elmo Island.

 Il fait toujours beau mais le vent s'est bien levé. Pas question de rester là car la tenue du mouillage est très incertaine... On repart après le déjeuner pour trouver un mouillage agréable et bien abrité pour la nuit.. Nous avançons péniblement , contre le courant et 20 nœuds de vent. Vitesse record (de tortue...) battue! À 15h30, 1,3 nœuds avec les deux moteurs.. 5 minutes plus tard...0,7 nœuds avec une rafale qui a fondu sur nous!
 Nous avons tout le temps d'admirer les maisons de chaque côté. 

  Il y en a des grandes, des petites, sur des grandes îles ou d'autres minuscules, avec chacune, toujours, son embarcadère.














 À 16h nous mouillons dans Swan Bay, par 2m de fond. À priori on accroche dès le premier essai. Par sécurité on lance les alarmes de mouillage sur tous les appareils du bord. De quoi permettre à Doudou de tester le logiciel de navigation iNavX sur son tout nouvel iPad !
















mardi 2 octobre 2012

Croisière fluviale

En ce début d'automne nous faisons une infidélité à Kallima. Nous avons rejoint nos amis Dom et Dom à Montréal...sur leur Outremer Kea. Objectif : rejoindre New-York par les canaux!! Une croisière fluviale donc dans un temps nettement plus frais que celui des Caraïbes, qui va nous faire remonter le Saint Laurent jusqu'aux Milles Îles au début du lac Ontario, puis nous prends une série de canaux jusqu'à New York.
Bises à tous

mercredi 19 septembre 2012

Retour à Trinidad et maintenance à bord


Nous voici de retour dans la chaleur des Tropiques ! La chaleur mais pas trop la moiteur…. Miraculeusement le temps est superbe depuis notre arrivée ! Chaud mais très ensoleillé. Nous qui avions peur de trouver un déluge quotidien nous sommes agréablement surpris. Quoique…ce soir il pleut !!
Kallima n’a pas bougé pendant notre absence…et regarde toujours les flots (pas bleus) du golfe de Paria du haut des billots de bois qui le calent à terre.
A bord (et à sec donc) la vie s’organise autour de la check liste des travaux et vérifications diverses de la maintenance annuelle. 
Démontage et graissage des winches...

... vidange des embases d'hélices... etc etc!!


On profite aussi de ne pas pouvoir mettre en route le frigo (refroidissement à eau) pour écluser les conserves qui restent à bord.... on devine là une demande expresse du capitaine!
Bises à tous.


mercredi 12 septembre 2012

L'année 2011-2012 d'un seul coup d'oeil

Avant d'entamer une nouvelle saison à bord de Kallima, petit récapitulatif de notre première année à bord. Avec une carte.... enfin! qui résume tout!